Cœurs fragiles: attention aux analgésiques tels Advil et Motrin

Par Catherine Crépeau

Mise en ligne : 23 juillet 2015

Les anti-inflammatoires non stéroïdiens poseraient des risques à court terme de crise cardiaque et d’AVC, selon les autorités fédérales américaines (FDA), qui ont décidé de renforcer les mises en garde.

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Les nouvelles mises en garde sur les emballages concernent les anti-inflammatoires non stéroïdiens qui contiennent, entre autres choses, de l'ibuprofène (ex. Advil et Motrin), du naproxène (ex. Aleve et Naprosyn) ou du diclofénac (ex. Voltaren). Ils touchent aussi des médicaments contenant du célécoxib (ex. Celebrex).

Ces anti-inflammatoires en vente libre ou sous ordonnance sont utilisés pour soulager les maux de tête ou de dos, abaisser la fièvre passagère, réduire la douleur et l’inflammation ou atténuer les raideurs articulaires, notamment chez les personnes souffrant d’arthrite.

Risques immédiats

Les mises en garde actuelles soulignent que les anti-inflammatoires non stéroïdiens «peuvent causer» des problèmes de nature cardiaque s’ils sont utilisés à long terme. Dorénavant, elles indiqueront que les crises cardiaques et les accidents vasculaires cérébraux (AVC) peuvent survenir dès les premières semaines de la prise du médicament. L’Agence américaine précise que les risques augmentent lorsque les doses sont plus élevées. Ces mises à jour reflètent les nouvelles informations tirées des récentes études examinées par la FDA. Santé Canada a aussi réagi à ces nouvelles études en publiant, en avril 2015, une mise à jour sur les risques associés à la prise d’ibuprofène.

Le ministère souligne que la prise quotidienne de 2 400 mg ou plus d’ibuprofène par voie orale augmente le risque d’événements cardiovasculaires graves. Ainsi, une dose supérieure à cette limite «ne devrait pas être administrée à des patients atteints de cardiopathie ischémique, de maladie cérébrovasculaire, d’insuffisance cardiaque ou à risques de maladies cardiovasculaires».

La plus petite dose possible

Les personnes ayant subi une crise cardiaque ou un pontage étant plus à risques, la FDA et Santé Canada leur recommandent de consulter leur médecin avant de prendre des anti-inflammatoires non stéroïdiens.

L’Agence américaine souligne toutefois que les personnes en parfaite santé doivent aussi se montrer vigilantes et recommande à tous de prendre la plus petite dose possible. Santé Canada recommande pour sa part une dose maximale quotidienne de 1 200 mg d’ibuprofène provenant de produits en vente libre. Pour les produits disponibles sur ordonnance, la limite est fixée à 2 400 mg par jour.

Et l’acétaminophène?

Même s’ils sont aussi utilisés pour soulager la douleur et l’inflammation, Santé Canada ne considère pas l’Aspirine ou le Tylenol (qui contiennent de l’acétaminophène) comme des anti-inflammatoires non stéroïdiens. Le ministère fédéral s’est tout de même penché sur les risques que représente l’acétaminophène, principale cause des maladies graves du foie au pays, dont l'insuffisance hépatique. Chaque année, plus de 4 000 Canadiens seraient hospitalisés pour en avoir consommé une trop forte dose.

Face à cette situation, Santé Canada songe à diminuer la dose quotidienne maximale recommandée qui est actuellement de 4 000 mg. Le ministère prévoit également diminuer la dose unitaire de certains produits, améliorer l’étiquetage des produits contenant de l’acétaminophène et obliger les fabricants à fournir une dosette pour les produits destinés aux enfants.